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14.05.2026 12:50 AM
EUR/USD. Tempête d’inflation aux États‑Unis : que nous disent l’IPC et l’IPP d’avril ?

Mercredi, la paire euro-dollar testait le seuil de 1,16 dans un contexte de renforcement du dollar américain. Le marché est manifestement nerveux à l’approche de la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping, prévue pour le jeudi 14 mai. L’enjeu ne se limite pas à la prolongation de la trêve commerciale avec la Chine, mais inclut également le « dossier iranien », compte tenu du rôle potentiel de la Chine en tant qu’acteur externe clé, capable d’influencer la position de Téhéran (et, par conséquent, la dynamique de la désescalade au Moyen-Orient). Ainsi, la poussée actuelle de l’aversion au risque semble tout à fait justifiée, le marché étant effectivement parvenu à un moment où le « ressort comprimé » des anticipations pourrait se détendre dans un sens comme dans l’autre.

Cela étant, la vigueur du dollar ne s’explique pas uniquement par la hausse de la demande pour les actifs refuges. Les données récemment publiées sur la progression du CPI et du PPI ont également joué un rôle, en reflétant une accélération de l’inflation américaine. Tant les chiffres globaux que les mesures de base affichent une tendance haussière, ce qui témoigne de pressions inflationnistes persistantes, même après exclusion des composantes volatiles.

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En avril, l’indice des prix à la consommation (IPC) américain a bondi à 3,8 % en glissement annuel. Il s’agit du rythme de croissance le plus fort depuis mai 2023. L’inflation globale s’est nettement accélérée pour le deuxième mois consécutif : alors qu’en mars l’IPC global était passé de 2,4 % à 3,3 %, il est monté de 3,3 % à 3,8 % sur un an en avril. Le principal moteur de cette accélération a été, sans surprise, l’énergie, qui a représenté plus de 40 % de la hausse mensuelle de l’indice. Le sous‑indice de l’énergie a progressé de près de 4 % (3,8 %) sur un mois et de 17,9 % sur un an, un chiffre spectaculaire. Plus précisément, les prix de l’essence ont augmenté de 5,4 % sur un mois (après un bond record en mars) et de 28 % sur un an.

Le mois dernier, le marché avait fait abstraction de la composante énergie, car sa forte hausse était attribuée à l’escalade du conflit au Moyen‑Orient. Cependant, le rapport d’avril diffère sensiblement des données de mars, car la hausse de l’énergie a commencé à se diffuser progressivement vers les catégories d’inflation sous‑jacente. L’indice des prix à la consommation hors alimentation et énergie s’est accéléré à 0,4 % sur un mois (un plus haut depuis janvier de l’année dernière) et à 2,8 % sur un an (un plus haut depuis septembre 2025). Les deux composantes sont ressorties « dans le vert », au‑delà des prévisions. De plus, l’IPC de base en glissement annuel montre une tendance haussière régulière pour le deuxième mois consécutif.

Le signal le plus préoccupant pour la Réserve fédérale est l’accélération de l’inflation dans le secteur des services, où les prix sont étroitement liés au marché du travail et aux salaires. En particulier, les tarifs aériens ont augmenté de 20,7 % sur un an (effet direct du transfert des coûts de carburant des compagnies aériennes sur les consommateurs). L’indice du logement n’a progressé que modérément (0,6 %), mais compte tenu du poids important de cette composante dans le panier de l’IPC, sa stabilité exerce une influence significative sur le profil global de l’inflation. En outre, après une période de stagnation, les prix alimentaires sont repartis à la hausse (+0,5 % sur un mois), notamment pour la viande, la volaille et les légumes.

Un autre point important du rapport d’avril sur l’IPC est que le salaire horaire moyen, corrigé de l’inflation, a reculé de 0,5 % sur un mois et de 0,3 % sur un an. Cela indique une érosion des revenus réels — c’est la première fois depuis avril 2023 que l’inflation « grignote » la progression annuelle des salaires.

Dans l’ensemble, l’IPC d’avril fait apparaître une seconde vague de poussée inflationniste. Les prix élevés de l’énergie ont commencé à se répercuter sur les coûts des services et de la logistique.

Le rapport publié sur la progression du PPI américain n’a fait qu’accentuer ce tableau inquiétant. Les chiffres ont largement dépassé les prévisions, ce qui montre que l’économie américaine est confrontée à des pressions inflationnistes que les modèles n’ont pas encore pleinement intégrées. L’indice des prix à la production (PPI) global a bondi de 1,4 % sur un mois (pour une hausse attendue de 0,5 %). Sur un an, le PPI global a grimpé à 6,0 % (contre 4,3 % en mars). Il s’agit du rythme de croissance le plus élevé depuis mars 2022. Le PPI de base s’est également nettement accéléré : +1,0 % sur un mois (contre une hausse prévue de 0,3 %) et 5,2 % sur un an (contre 4,3 % en mars).

Une telle hausse brusque du PPI de base indique que les producteurs n’absorbent plus les hausses de coûts dans leurs marges, mais commencent à les répercuter sur les consommateurs finaux.

Il convient également de souligner la hausse des coûts du transport de fret. Il s’agit d’un facteur important, qui signale un risque de nouvelle vague de hausse de l’IPC, car l’écrasante majorité des biens aux États‑Unis est livrée par camion. La hausse des coûts logistiques sera in fine transférée aux consommateurs, ce qui accentuera encore les pressions inflationnistes.

Globalement, la dynamique de l’IPC et du PPI suggère la formation d’une « deuxième vague » d’inflation. Cela signifie que l’inflation dépasse progressivement le stade d’un pic temporaire lié aux prix de l’énergie pour devenir plus persistante. La hausse des indicateurs de base dans les deux rapports montre que les entreprises répercutent de plus en plus leurs coûts sur le consommateur final.

Pourtant, malgré ce signal macroéconomique clairement hawkish, les vendeurs ne parviennent toujours pas à enfoncer de manière convaincante le support à 1,1690 (la ligne médiane de l’indicateur Bollinger Bands sur le graphique hebdomadaire). Cette indécision, à mon sens, découle des attentes entourant les prochaines négociations entre Trump et Xi Jinping. Ces pourparlers pourraient constituer un point potentiel de désescalade, non seulement sur le front commercial et politique entre les États‑Unis et la Chine, mais aussi, indirectement, sur un éventail plus large de dossiers, y compris le conflit au Moyen‑Orient. Un aboutissement positif des négociations pourrait atténuer les chocs de prix mondiaux et, par ricochet, tempérer les pressions inflationnistes aux États‑Unis et renforcer les anticipations « dovish » quant aux actions futures de la Fed.

Ainsi, malgré l’accélération brutale de l’inflation aux États‑Unis et l’impulsion baissière sur EUR/USD, l’ouverture de positions vendeuses ne semble judicieuse que si les vendeurs parviennent à enfoncer l’objectif de 1,1690 et à consolider les cours sous ce niveau de support. Il semble toutefois que les traders préféreront attendre les résultats des négociations à Pékin, à l’intérieur de la zone de la figure 17, où la paire se négocie pour la cinquième semaine consécutive.

Irina Manzenko,
Analytical expert of InstaForex
© 2007-2026
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Irina Manzenko
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